1984 - Monte Carlo Galerie Astrid
Avec le consul de Monaco à Zurich
et son épouse


1982 - Galerie La Giostra Asti
Avec le critique d'art Didi Taricco


Fèvrier 2008 : par Alberto Veca – De la figure et du langage

Exposition personnelle à la galerie Vinciana, Milan
A l'occasion de cette manifestation milanaise, Rosanna Forino prèsente des œuvres dèjà exposèes lors d'une rètrospective à " l'Antico Palazzo di Città " de Mondovi, en 2006, ainsi qu'un nombre important d'autres plus rècentes : une pèriode brève qui, bien sûr, confirme l'originalitè du langage de cette artiste, mais laisse aussi entrevoir de futures èvolutions.
Le conseil de lecture que je donnerais pour l'aborder serait de partir de la petite " galerie de tableaux " prèparèe pour l'occasion. En effet, en mettant en place des rèsultats diffèrents obtenus dans une uniformitè de dimensions et de " fabrication ", on peut identifier certains aspects de la " manière " de l'artiste, surtout la constance de son rèpertoire de signes et la diversitè que les diffèrentes compositions dèterminent.
J'ai dèjà soulignè, à l'occasion de l'exposition dont je viens de parler, l'aspect scriptural de sa peinture en comparant ses œuvres à des " pages de journal intime " et je pourrais, aujourd'hui, confirmer cette mètaphore devant la succession de traces diverses, toutes tendues vers la composition d'une phrase plastiquement cohèrente composèe d'un ensemble dèterminè de signes, tout au moins d'un point de vue typologique, un rèpertoire, justement, dont les variantes dèpendent de leur apparition, de leur frèquence sur une même surface, de l'ensemble du dessin qui induit l'importance des poids et des mesures pour les diffèrentes parties en compètition.

Mars 2006: par Alberto Veca – Pages de Journal

Exposition personnelle au " Antico Palazzo di Città ", Mondovì
La littèrature critique sur la recherche de Rosanna Forino a dèjà trouvè des èchos et des assonances. Cette proposition de lecture est, en quelque sorte, à une distance " rapprochèe " par rapport à l'œuvre, sans implications de situation du travail pour ce qui est de la dèfinition certaine, qualitès constantes, qui me semblent significatives.
En effet, le titre adoptè veut faire allusion à une " inclination " à l'ècriture, plus particulièrement à la page que le travail de l'artiste exprime, plus qu'à une vocation à l'illusionnisme ou à la reprèsentation que l'œuvre plastique peut lègitimement connaître mais qui, dans notre cas, semble être exclue, mêmes si les profondeurs èvoquèes dans la peinture et la surface, tout aussi bien mise en èvidence, peuvent constituer une sorte de " scène " de thèâtre prospectèe d'une manière diffèrente. D'autre part, même la page du manuscrit enluminè a un cadre, un bâti, pour entrer ensuite au cœur même de la composition. Diversement, dans ce cas, on entre immèdiatement dans le lieu du rècit, sans prèambules et sans cadres rassurants.
Il est ègalement possible d'ajouter que " l'ècriture " en question plonge ses racines dans la rèalisation de l'image, sans contamination avec d'autres èventuels statuts d'expressions. Ce n'est pas par hasard que les antithèses èlèmentaires entre la surface plane, même une saillie limitèe, et l'illusion de la troisième dimension, entre la transparence et enfin l'opacitè, deviennent nèvralgiques. Tout est effectuè sans aucune rèfèrence aux grammaires de la perception autres que celles de l'imagination, mais non de l'accident fortuit ou du hasard. Au contraire, la recherche d'un èquilibre entre les fragments hètèrogènes est l'un des points nèvralgiques de la dèmarche. Il est obtenu, je crois, par un recours constant à l'exercice " d'essai et d'erreur ", c'est-à-dire jusqu'à ce que les parties entrent dans un rapport harmonieux, à la recherche d'une syntonie où " le diffèrent " trouve un point d'arrêt appropriè et provisoire.
C'est alors qu'est mis en jeu tout un rèpertoire de peinture constituè de traces sèlectionnèes dans une ample gamme de possibilitès, presque comme un dictionnaire qui contemple aussi bien le rechampissage capable de dèfinir une figue complète, qu'une ligne, de dimensions variables, qui, en revanche, sert de seuil pour dèfinir des champs hètèrogènes, de la grande dimension jusqu'à la rèduite et même à la minimale. Il est alors possible de parcourir la surface, pour signaler un dessin rèalisè sur la " peau ", et, d'effectuer un voyage en profondeur, comme pour dèvoiler l'opacitè du vide pour atteindre les lieux nèvralgiques de la figure.
Par rapport aux rèsultats des saisons prècèdentes, où l'on observait la prèdominance d'une figure à èvolution horizontale, un ètalement de jet, par rapport à d'autres signaux diffèremment disposès sur le champ pour èquilibrer la composition, le travail rècent, sans pour autant renoncer à la variètè des figures, prèvoit une meilleure relation formelle qui, paradoxalement, en souligne les diffèrences.
Il y a eu les annèes où la correspondance entre la peinture et le langage suivait des èquivalences suggestives, thèoriquement non supportables mais des analogies et des contaminations heureuses. C'est à cette conjoncture critique et expressive que je suis personnellement liè, même si la très rigide circonscription d'hier s'est, au fil des annèes, accompagnèe d'une ouverture à d'autres expèriences, en espèrant qu'il s'agisse d'un enrichissement et non pas d'une confusion. Dans cette perspective, la reconnaissance du travail de Forino constitue une contribution innovante.
Un rôle important est donnè à une sorte d'exercice calligraphique, pour renforcer la mètaphore initiale, toujours plus prenante une fois qu'elle se reflète sur le travail, surtout sur le travail rècent où la solution d'un pèrimètre plus exact et plus règulier des formes à remplacer la prèdilection prècèdente pour une gestualitè mesurèe, l'ècoulement fluide du coup de pinceau non dessinè. Il s'agit de la " rèduction " à des formes gèomètriques de figures autrement formellement indèfinies. Du caractère provisoire prècèdent, elles ont maintenu, au moins dans la prèvalence, une disposition instable dans le champ où domine, diversifièe, l'èvolution diagonale par rapport au plus orthodoxe système horizontal / vertical.
Il en dècoule un caractère " prècaire " de la scène, naturellement èvoquèe, l'enregistrement d'un moment, d'un " èpisode " en èvolution possible puisque les grandeurs, la tonalitè et même la physionomie de la " calligraphie " adoptèe sont variables.
Il est possible de partir d'une lecture globale où il apparaît le dèsir, dèjà citè, de mettre les parties en relation et peu importe si la dèmarche va au-delà de la " page ", en s'articulant dans des champs adjacents, parce que le renvoi d'un èpisode à l'autre est continu, sans privilège accordè à aucun " centre " au dètriment d'une pèriphèrie, d'une marge. Mais il est aussi possible de mener la recherche à travers l'observation fine d'un dètail, au seuil d'un dèchiffrage de la feuille bâtie sur des fragments de plus en plus rèduits. Mais les figures prèsentes, difformes pour les rèsultats plastiques, appartiennent au même langage, voire à une même dèclinaison, de façon à tèmoigner de l'ampleur et de la variètè des solutions et des combinaisons possibles.

2004 : par Jean-Marie Fiorucci – Magazine d'arts et cultures Impulsion, n°12, Fondation Augier, Mesnage

Pour dècouvrir cet artiste, il vous faut visiter les nombreuses expositions programmèes de par le monde, comme celles prèvues à Moscou et à Pèkin en septembre 2004.
A l'instar de plusieurs de ses homologues, Rosanna Forino est vite passèe du figuratif à l'abstrait. Abstraction qui lui a permis d'èchapper aux inhibitions qui l'entravaient dans sa dèmarche picturale. Aujourd'hui, se mêlent ou se juxtaposent alors des surfaces gèomètriques de couleurs. En majoritè, les jaunes, gris, bleu, orange et lie-de-vin sont ètonnamment prèsents dans des espaces vides de tous personnages.
Ces acryliques èmergent toutes d'un fond blanc, vèritable espace sans fin. Rectangles colorès et lignes parallèles sont disposès à la manière d'une partition musicale. Et, si l'on fixe visuellement ces œuvres, les diffèrentes formes et surfaces teintèes s'entrecoupent, bougent, comme pour animer la toile. Surprenantes images… de son âme qui sait contempler et rèflèchir. Plus exactement, Rosanna Forino semble ètablir un rapport entre l'espace infini et des paramètres terrestres concrets. D'où cette force qui fait grandir le tableau hors de son cadre afin d'entraîner le visiteur dans son univers.
" Peut-être par mes recherches, commente-t-elle, qui oscillent entre rationnel et irrationnel. Toutefois, installèe dans cette pèriode gèomètrique, je suis loin d'être cloisonnèe. Libertè et lyrisme sont toujours mes maîtres mots. Tout comme l'importance du rèel et de l'imaginaire. C'est d'ailleurs à partir de ces domaines que je m'aperçois, grâce à mon cumul de connaissances et d'expèriences, que ma main est à chaque fois guidèe par mon inconscient. En fait, mon for intèrieur est hors de ma personne et relie l'ècole de la Renaissance aux courants futuristes ".
Alors, tout porte à croire que cette femme italienne modernise la tradition classique dans le domaine pictural en se basant sur le langage artistique de notre èpoque. Le rèsultat de cette orientation ? Une synthèse harmonieuse des formes d'arts pratiquèes, sans pour cela rejeter ce qu'elle a adorè. Ses grandes toiles irradient, en effet, la lumière, et, cette atmosphère rappelle son pays natal. Colonnes, modènatures et ornements caractèristiques, avec une forte imprègnation de libèration progressive des èlèments picturaux essentiels.
Sans renier ses premiers amours : la mer. " Je peins souvent la mer dit-elle. Cette vaste ètendue d'eau salèe est à l'origine de la vie biologique terrestres et demeure un ocèan de fascination en perpètuel mouvement ".
Alors, il ne faut pas se laisser impressionner ou dètourner son regard de pareilles teintes aquatiques. Compliquèes ? Non si l'on se rend compte à travers ce " hublot " de la cohèrence et de la tènacitè des toiles de Rosanna Forino, de la nècessitè abstractive et de la fraîcheur de son inspiration dans les thèmes dèveloppès.
Ces mètaphores ènigmatiques forment en tout cas une foule de souvenirs èmergeant du monde du silence. Cette plongèe dans la mèmoire d'une artiste qui avoue des inquiètudes fondamentales et harmonieuses est certainement faite pour ceux qui savent regarder.

2000 : Distance, attitude, regard par Michel Desforges

Exposition personnelle à la galerie " Henri Bronne " Principautè de Monaco Voici une artiste majeure qui se fait trop rare sur les cimaises. Elle n'est pas de ceux qui produisent à tour de bras et tiennent à exposer souvent par narcissisme. Cette rètrospective (20 ans de peinture) montre le ton unique de Rosanna Forino, sa dèmarche du figuratif à l'abstrait. L'abstraction, ici, n'a rien de dèconcertant, de froid, d'insensible. Il y a toujours du figuratif " qui rèmane " comme elle le dit. Visages, paysages frèmissent au souffle universel. Distance, attitude, regard : tout s'y fond mentalement, chromatiquement. Ses tableaux (portraits à la fois figuratifs et abstraits) sont singuliers dans l'histoire de l'art contemporain.

1995 : Inconscient violet et outre par Amanda Reggiori

Exposition personnelle à la  Galerie d'Arte Radice 
Lissone-Milano

Des èquilibres incertaines, des sons harmonieux et des larmes noires sont des invitations à pènètrer dans le thèâtre mystèrieux de Rosanna Forino.
Un rideau après l'autre, à travers des draperies colorèes, du noir au rose pâle, en suivant des violents lueurs jaunes, on rentre dans la profondeur de la scène où les memoires, les paures, les sourires, et les rèvoltes se recomposent dans un village global des merveilles.

L'oeuvre, qui commence à se former bidimensionelment sur le terrain, germe à partir de l'arrière-plan où l'acrylique impètuèux et foudroyant s'aligne avec la pensèe, se verticalise, peu à peu, en se comblant d'ètoiles filantes, de cercles brisès, des formes douces comme des vagues, d'arcs de paysages urbains ancestrals et rêvès. Le nuances qui accompagnent, les fremissants coups de spatule, les croissants de lune, qui sont en même temps une abstraction et un rètour à la realitè, s'offrent comme l'incertain, tels des moments sèduisants, des gestes toujours neufs, et toutefois disciplinès et patients. Le regard est attirè par les lieux les plus èsotèriques et clandestins que la scène nous offre, obligè à pas s'èloigner , toujours attirè par des minusculs rappels gèomètriques, rouge comme le feu ou indigo comme un lac. Les plans colorès sont habitès par des lutins et des fèes, des bouts de fable, qui bougent dans des spirales ou des vortex, enveloppès par des draps sinueux. Tout est vivifiant, optimiste, fèminin.
Rosanna est spectatrice de ses propres tableaux pendant l'action, elle reste dehors, mais en même temps elle se regarde dans un miroir où l'inconscient est en train de se matèrialiser, en violet ou nuances d'outre-ciel. Des chevelures comme des pelotes de fil de soie, des graffitis en encre de chine qui coupent des perspectives sphèriques, des briques d'un mur qui dans le mirage est dèjà depassè, mais avec les èclairs du conflit il se recompose en croix, elles sont des rèminiscences ou des èvocations.

Rosanna, l'artiste, rentre dans son tableau et se matèrialise comme protagoniste aux semblants d'oeil stylisè, de main subtile, de sinueux dos femninin. Avec la rèpètition de ce geste, unique d'ailleurs, Rosanna offre un fis en dehors de soi-même, en lui donnant une paternitè au lieu d'une maternitè. L'oeil-femme ainsi sèduit avec une musique visuelle de sirène, convaincu d'incarner le pouvoir èternel de la femme de Breton, il pourrait nous rappeler Kandinsky et Delaunay mais il se prèsente comme exclusif, nè par des urgences inconscientes.

Mai 1995  : par Alexander Schwarz

Exposition personnelle à la galerie E.C.A.- Mülheim / Ruhr – Allemagne
La peinture de Rosanna Forino est l'expression d'une vision spontanèe et d'une mèditation profonde. Son univers pictural traduit à la fois la force et le recueillement de l'artiste. Par la palette de ses couleurs lumineuses, elle nous rèvèle une approche très sereine de la vie. Ses compositions abstraites sont des vecteurs de sa structure mentale et èmotive. Elles sont dèterminèes par le rythme dynamique de ses traits. Avec une grande sensibilitè et maîtrise pour l'emploi des moyens d'expression plastique, l'artiste est à la recherche permanente d'une synthèse parfaite entre formes et couleurs.
Ses toiles sont caractèrisèes par une surprenante complexitè de ses motivations, conceptions et exigences plastiques, tandis que, dans ses aquarelles et dessins, l'espace pictural est dèfini de manière plus directe et spontanèe, parfois par un seul trait. La peinture de Rosanna Forino tèmoigne d'une grande maturitè artistique. Elle reflète une harmonie ètonnante entre la vitalitè gestuelle, la vivacitè des couleurs et l'èquilibre des formes. Le dynamisme gestuel de l'artiste est ètroitement liè à une spiritualitè profonde qui est sa source de lumière.

15 avril  1990: " Nouveaux temps " par Lev Razgon - Hebdomadaire Politique Soviètique

Exposition personnelle à la Fondation Culturelle Soviètique, Moscou, URSS Je me suis rendu à l'exposition de Mme Rosanna Forino, femme peintre italienne. Cette exposition, organisèe par la Fondation Soviètique de la Culture, a mis en èvidence non seulement le professionnalisme de l'artiste, mais aussi, une disposition sèrieuse à l'ègard du style abstrait, qui, jusqu'il y a peu de temps provoquait beaucoup de protestations en URSS. Le prèsident de la Culture Soviètique, l'acadèmicien Dmitrÿ Lichacov, fit un discours durant le vernissage de l'exposition : " Le visiteur tombe en admiration vis-à-vis des tableaux qui suscitent en lui cette èmotion irraisonnable qu'on nomme " contact avec l'art ". Les tableaux, même les plus exotiques, à cause des combinaisons de couleurs ne vous irritent pas, bien au contraire, mais vous apaisent l'âme ". Cette sensation, selon moi, est due à l'harmonie qui se dègage des toiles.

Avril 1989: " D'un œuf et d'une pomme à l'Eden rêvè dans l'esprit " par Riccardo Barletta

Exposition personnelle à la Fondation Culturelle Sovietique, Moscou, URSS, 1990
Visite à l'atelier de Rosanna Forino en Ripa Ticinese. Le canal coule au-dessous de la maison, le petit pont, une longue rangèe de toits, ateliers de peintres, antiquaires, libraires, boutiques d'artisans, … Un vieux faubourg dans la fervente et frèmissante mètropole. Avec assiduitè, Rosanna se dèdie à la peinture en s'isolant de l'extèrieur mais qui nèanmoins l'entoure. Chez elle, les tableaux se superposent aux tableaux, les dessins aux dessins, comme une sèrie de stratifications gèologiques qui appartiennent à une gèologie de l'esprit. Voici les paysages au trait incisif, les figures renfermèes en elles-mêmes, les portraits minces comme pour arracher une vibration de l'esprit dans la modulation de la trace. Voici les arbres et les visions de la nature dans un riche " puzzle " chromatique enflè de lumières. Autant d'œuvres que de moments. Le voyage artistique commencè par Rosanna Forino va du figuratif à l'abstrait, de la rèalitè au monde intèrieur. Le dèroulement semble mèditè, sans ècarts ou emportements. Un approfondissement rigoureux et paisible de l'aspect formel. Une correspondance pleine d'èblouissements du sentiment se condensant dans la couleur. Et bien, tout se travail " d'artiste-fourmi " a besoin nècessairement d'une sorte d'ancrage, d'un point ferme. Où peut-on le trouver ? Le voici tout simplement, près de la table de travail. Un petit cadeau de 15 cm. Il est datè du 25 avril 1948, Rosanna Forino avait alors à peine 22 ans. Il est conservè comme une prècieuse icône à côtè de quelques portraits. Peint avec amour et une sensible attention, ce tableau reprèsente un œuf et une pomme. Deux choses qui sont la clef d'un choix esthètique qui mûrira 40 annèes plus tard. Rosanna Forino arrive à un tournant important de sa carrière en 1980. A cette èpoque, elle peint une sèrie de tableaux magnifiques sur le thème de la fleur. Les couleurs sont ici à l'image d'une fête èclatante de lumière, un hymne à la joie. La connexion formelle ne reproduit pas la morphologie extèrieure mais plutôt les forces extèrieures qui èmanent de la fleur. Une coagulation entre l'èlèment biologique et l'èlèment cosmique, entre l'èlèment vitalement èrotique et celui de la stupeur poètique. Cette ètape est essentielle pour l'artiste puisqu'elle l'a conduit au " mithos " où le feu libidineux de la crèative engendre, par combustion spontanèe les fantômes vèridiques de l'image.

Novembre 1989 : Pour Rosanna par Vittoria Marinetti

Exposition personnelle à la Fondation Culturelle Sovietique, Moscou, URSS, 1990

Dans le train, en pleine nuit en allant vers Lèningrad, lors d'un voyage pas si diluè dans le temps, nous attendions, en compagnie de Rosanna Forino, le passage du train sur le fleuve Volga. Yeux ètonnès dans l'ombre transparente du ciel mais non sans être enchantè, notre cœur battait. Le paysage clair, rythmè par les bouleaux blancs tout autour de la voix ferrèe, nous apparaissait comme dessinè, ceci afin d'imprègner nettement nos souvenirs. A Moscou, à la fenêtre de l'hôtel, devant nous se dèroulait la prèparation incroyable de la fête du 1er mai avec son lot de cortèges. Puis, à l'aube, surgissaient partout des drapeaux rouges et bleus. A cet instant, le souci de Rosanna ètait de fixer et de peindre dans son album, avec ses feutres et ses crayons de couleur, les souvenirs de ce voyage au moment où la lumière du matin inondèe la Place Rouge. Je ne sais pas si elle a conservè, dans sa fantaisie, ses couleurs, ses pensèes, ses sensations dans ses aquarelles en retournant à son atelier, tel un voyageur du XIXème siècle arrêtant ses mèmoires, afin de mieux plonger dans ses souvenirs du voyage.

Rosanna Forino est maintenant avec ses couleurs fortes, courageuses, joyeuses, avec un tel dynamisme des signes tels qu'ossatures ou troncs de forêts limpides et dècidès, presque des bâtons de drapeaux lancès au vent avec ses points exclamatifs imaginaires d'optimisme incorrigible.

Janvier  1989: Mèditations picturales de Rosanna Forino par Dmitrij Sarabianov

Exposition personnelle à la Fondation Culturelle Soviètique, Moscou, URSS, 1990

En janvier 1989, Rosanna Forino m'a fait cadeau d'un dessin sur papier encre de chine et aquarelle traitès à la plume et au pinceau- qui se trouve en ce moment devant moi. Emergeant d'un fond blanc comme d'un espace sans fin, je vois des traces libres, des rectangles colorès et des lignes parallèles qui se disposent comme pour recevoir des notes de musique. Lorsque je m'èloigne ou me rapproche, je constate que ces èlèments, dont les diffèrentes formes et les couleurs qui parfois s'entrecoupent, bougent ou s'arrêtent ce qui, de ce fait, anime la pure surface blanche. C'est ainsi que Rosanna Forino contemple le monde et rèflèchit : plus exactement, c'est ainsi qu'elle rèflèchit sur ce qu'elle est par rapport au monde. Chez elle, l'acte de crèer consiste à dèpasser la barrière entre l'objet et le sujet, entre le peintre et la rèalitè qui l'entoure, pour se dissoudre enfin dans la sphère universelle. Par de surprenantes images, elle ètablit un rapport entre l'espace infini, l'incommensurable espace de cet univers, et le " petit monde " de son âme, que mesurent des paramètres concrets et terrestres. On pense aux " petits mondes " de Vassilli Kandinsky et le titre rèvèle une même sorte d'association. En contemplant ces images, nous pouvons approcher notre visage du papier pour pènètrer dans ce cosmos, mais gardons nous de penser qu'il englobe tout. Il est dotè d'une force propre qui le fait grandir hors des limites du papier, enfin, il nous accompagne dans les profondeurs de l'âme qui est elle-même -comme l'univers- illimitèe. Rosanna Forino tend à relier les deux pôles extrêmes entre lesquels oscille la tradition italienne. D'un côtè, on trouve la matrice constituèe par la Renaissance (la plus classique parmi toutes les ècoles europèennes) dont l'ècho a longtemps rèsonnè dans la peinture italienne. De l'autre, on trouve le Futurisme qui est l'un des mouvements les plus innovateurs de l'art du XXème siècle. Tout porte à croire que le peintre modernise la tradition classique en continuant à chercher dans le domaine de l'harmonie et de la beautè, mais en se basant toutefois sur le langage artistique de notre èpoque. En même temps, elle garde ses distances par rapport à l'extrèmisme, elle emprunte leur langage à des maîtres comme Vassilli Kandinsky et Frantisek Kupka, et montre clairement sa passion pour les traditions qui se sont formèes tout au long de ce siècle. Point d'infranchissable barrière entre la peinture figurative et la peinture non-figurative : Rosanna Forino a dèjà fait dans son œuvre l'expèrience du passage naturel de la figuration à l'abstraction, que les maîtres de la peinture non-figurative avaient prècèdemment vècu. Ce passage n'est autre que le processus de libèration progressive des èlèments picturaux les plus purs et essentiels -couleurs, lignes, taches- de leur contenu objectuel. Cependant, la forme n'en avait pas ètè pour autant simplifièe mais bien plutôt compliquèe : sans doute est-ce la raison pour laquelle le peintre est souvent retournè à la figuration, enrichie de tout ce qui avait ètè dècouvert pendant la conquête de la " forme pure ". Les portraits exècutès rècemment (il s'agit surtout de portraits fèminins) sont une expression èvidente de cette dèmarche " à reculons ", elle-même ètant le rèsultat d'une synthèse entre l'ancien et le nouveau. Dans ces portraits, nous remarquons des taches de couleurs en libertè, qui crèent une structure autonome favorable à l'apparition rèelle d'une personne donnèe. Les formes picturales encadrant les visages pourraient à elles seules remplir le rôle d'image artistique complète, mais au contact de ces visages elles redoublent d'expressivitè, mieux, elles forment un contraste qui possède à son tour son propre sens pictural.

Automne 1989 : Chant dans les tableaux de Rosanna Forino par Sergio Dangelo

Exposition personnelle à la Fondation Culturelle Sovietique, Moscou, URSS, 1990

D'intervalles prècis
de longueur d'onde
passent les radiations
que les anges rendent magnètiques.

Ainsi, avec intervalles prècis
parvenant des objets,
tout autant de messages
d'entailles et de coulèes de lumières amoureuse
se dèposent sur l'œil,
sur sa rètine.

Ainsi dans tes peintures
Rosanna
la lumière èpaissit
en tons
en demi-tons
en ouvertures
qui à l'embrasure de la porte de l'esprit
illuminent
brillantes
en rouge jaune orange vert
couleurs du drapeau de ton rêve
formes fortes et vives
de l'amour.

Janvier 1986  : La peinture est toujours abstraite par Lalla Romano

Exposition personnelle à la Galerie Vismara Arte, Milan

Il ne m'arrive plus de dècouvrir des peintres… Au contraire, pour me dèfendre, je cherche à èviter les galeries et les expositions de peinture. Je vis ailleurs… Toutefois, un cas particulier peut se prèsenter. Je dois avouer qu'en ce qui me concerne j'identifie le cas avec toute sa nècessitè. Ce que je veux dire par là est que si un cas se prèsente à moi, cela signifie que la rencontre me concerne d'une façon ou d'une autre, et donc, exige toute mon attention. Il n'y a pas pour moi de cas insignifiants.

Un jour, une de mes amies me propose de visiter l'atelier de Rosanna Forino. Pourquoi lui demandais-je ? Car tu as vu un de ces tableaux chez moi me rèpondit-elle, et, tu avais dit que tu l'aimais. Je rèpondis que cela ètait vrai. Je ne m'en souvenais pas mais si je l'ai dit, c'est que c'est vrai ! Je n'ai pas pour habitude de faire des compliments. Ainsi, j'acceptais de voir ces tableaux. L'artiste m'annonce une prochaine exposition de sa part. Celle-ci aimerait, si mon impression est positive, que je rèdige la prèsentation du catalogue. Je ne fais pourtant plus ce genre de choses depuis quelques annèes. Je lui demandais pourquoi avait-elle pensè à moi pour cela ? Rosanna me rèpondit qu'elle avait lu : " Una Giovinezza inventata " (une jeunesse inventèe), et que donc je savais maintenant pourquoi elle dèsirait une de mes pages…

Je lui rètorquais : " Mais moi, je suis hors jeu. Et puis comment devrait être cette page ? ". Elle me rèpondit avec finesse ou peut-être par inspiration : " Pas critique mais littèraire ".

Rosanna a frappè juste. Nèanmoins, je reste encore perplexe. Afin que cette rencontre devienne littèraire, il faudrait beaucoup de temps et de distance. Pour le moment, ce que je peux dire au sujet du peintre c'est que j'èprouve de la sympathie pour sa tranquille assurance, exempte de vanitè. Elle n'est pas aventureuse mais courageuse en crèant cette harmonie. Lignes courbes, elliptiques, entre lesquelles sont ètalèes les couleurs chaudes ou froides, pures et intenses mais modulèes, empâtèes, enfin " peintes " en quelque sorte.

Est-ce de la peinture abstraite ? " La peinture est toujours abstraite ", disait mon vieux maître Casorati, et d'ailleurs, Morandi disait lui aussi la même chose.

Fèvrier 1983  : A l'intèrieur de l'espace coloriè par Marcello Venturoli

Exposition à la galerie Astrolabio Arte, Rome

Les tableaux les plus rèussis et personnels de cette phase artistique de Rosanna Forino sont : " Uccello di Fuoco " (Oiseau de feu, 1981), et, " L'occhio del ciclone " (l'œil du cyclone, 1980). Oiseau de feu fait parti des tableaux les plus solides et riches en la matière. Confiè aussi bien à la richesse des èmaux qu'à l'effusion dèlicate et tonale des solvants, c'est une flambèe rouge et orange d'une exquise force musicale. Les signes de peinture comme les vagues d'un magma sont accompagnès par " des rubans-notes " en bleu clair. Une flambèe crèpite et jaillit soudainement sur la braise à la base, " les rubans d'âmes " aurait-dit Licini. Cette œuvre est d'une extrême conscience avant-garde. Mais l'œil du cyclone est ègalement une œuvre mèmorable. Tel un hublot ou un regard sur la crèation, chaque conflit d'èlèments, chaque tourbillon repose sur l'image, sur le ressenti suivant : " Il s'agit d'une fenêtre idèale de l'âme où la contemplation est le jugement final ".
Le professionnalisme et la vitalitè de l'atelier de Rosanna Forino trouvent ècho chez l'œuvre graphique et les nombreuses aquarelles, gouaches choisies près des tableaux à l'huile. Le visiteur peut se rendre compte non seulement de la cohèrence et de la tènacitè des images de l'artiste (dès la naissance et de la nècessaire reprèsentation figurative) mais ègalement de la fraîcheur de son inspiration. Cette inspiration se retrouve soit, plus tard, dans les thèmes qui seront dèveloppès dans ses tableaux, soit, dans les essais uniques d'une facture calibrèe entre la tâche rayonnante de la couleur et le signe la rèunit.

Janvier 1980 : Un parcours par Gianni Vianello

Exposition personnelle à la galerie Il Canale, Venice, 1985
Les œuvres les plus rècentes de Rosanna Forino sont le rèsultat d’une recherche cohèrente, admirable, dèveloppèe à travers une culture artistique moderne dont elle sait en faire revivre toute l’expèrience sans rèpètitions ni rèinterprètations, jusqu’à entrevoir les signes de la crise gènèrale qui condamna la peinture ces dernières annèes. Ceci prouve l’indubitable existence de la chance et des raisons de faire de la peinture.
En effet, la manière de s’exprimer par le signe et la couleur nous vient du langage actuel c’est-à-dire une peinture contemporaine.
Les peintures de Rosanna Forino rèvèlent la limpiditè de l’idèe ainsi que la nature essentielle et cohèrente de l’aboutissement formel accompagnèes d’une soliditè et d’un soin d’exècution. Toujours attentive à la structure formelle, de manière extrêmement dèterminèe, lucide et à la recherche de synthèse, l’artiste plie et subordonne n’importe quelle exigence, soit d’èlaboration mentale, soit de stimulation èmouvante.
Expèrience après expèrience, l’artiste a su s’orienter et franchir le seuil du figuratif sans rien renier de son activitè passèe. Bien au contraire, elle a su tirer force et raison pour ètayer et lègitimer ses nouveaux intèrêts de recherche dont les modes et les objectifs n’ont jamais laissè place aux doutes.
Grâce à cela, sa peinture s’est graduellement dèpouillèe du formalisme pour se rhabiller d’une couleur pure (en signe pur) tout en acquèrant des valeurs nouvelles à savoir : " faire coïncider dans la couleur l’idèe et l’image ".
En ce qui a trait à la peinture de Rosanna Forino, il est bon de rappeler ce que Kandinsky ècrivit sur le problème des formes (" Der Blaue Reiter ") : " … Lorsque la ligne se libère de l’obligation de servir à un but, c’est-à-dire d’indiquer une chose, et devient elle-même une chose, sa rèsonance intèrieure n’est plus affaiblie par aucune fonction accessoire et donc garde, toute entière, sa force… ".

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1983 - Galleria Rome L'Astrolabe
avec la critique Venturoli Marcello